lundi 15 juin 2009

Harakiri #9 : Dame desu


Voici une petite mésaventure qui nous est arrivée lors de notre escapade à Tokyo il y a maintenant 2 mois (déjà !).

Pour essayer de payer un peu moins cher le train, nous avions fait des réservations, genre les Prem's de la SNCF, en passant par une agence de voyage. Nous étions donc super fiers de nous être débrouillés en japonais pour avoir des billets certes un chouia moins chers (7,000 Yens - 60 Eur - au lieu de 10,000 - 80 Eur - l'aller simple Nagoya-Tokyo), mais non remboursables et non échangeables. De plus, ces billets ne sont valables que pour le こだま Kodama, un type de Shinkansen qui s'arrête partout, ce qui fait 2h30 de voyage au lieu de 1h30.

Après nos 2 jours à Tokyo, nous voilà repartis vers Nagoya avant d'enchaîner la suite des visites que vous connaissez. Nous montons donc dans notre Kodama, et piquons un petit somme pour nous remettre de nos aventures.
A environ 1/2 heure de l'arrivée, Sof entend que le prochain arrêt est "Mikawa Anjo". En tant que grande voyageuse sur les lignes de train de la région de Nagoya :-), elle se dit "Chouette, c'est un arrêt qui se trouve à à peine 5 minutes du nôtre, descendons là, comme ça on prend un train pour Okazaki et en 10 minutes tout compris on est à la maison, sans passer par Nagoya". Et de réveiller la petite famille qui roupille pour sauter hors du train.

Il est 23h, nous nous retrouvons sur le quai de la gare tout seuls, mais c'est pas grave, on est tout près de la maison !

Donc on se dirige doucement vers le train qui nous amène à Okazaki. On met nos tickets dans le portillon pour passer et là BIP BIP BIIIIP la machine nous refuse l'accès. Les parents, eux, étaient déjà passés, car leur pass Shinkansen fonctionne à merveille.

Nous allons donc voir le Chef de gare, avec sa casquette, son uniforme et ses jolis gants blancs, et lui montrons nos tickets pour qu'il nous laisse passer.
Mais à notre grande consternation, il nous dit que ce sont des tickets pour Nagoya et que comme nous étions descendus à Anjo, donc avant le terminus, ça ne fonctionne pas. Avec ces tickets "bas prix" (tout est relatif !), on est OBLIGES d'aller jusqu'à Nagoya.
"- Mais, enfin, Anjo c'est AVANT Nagoya, donc ça ne change rien pour vous, c'est pas comme si on essayait de gruger...
- Mmmmmh, sumimasen, chotto...dame desu (désolé, ce n'est pas possible)."

Et de nous sortir, entre 2 courbettes, le geste qui tue :

Il faut savoir qu'au Japon, à partir du moment où on vous fait les bras en croix devant avec un air consterné et un "chotto...", c'est-à-dire très souvent, on peut considérer que toute négociation est IMPOSSIBLE, et que la discussion est close. Pas la peine d'essayer, en gros. Mais ça nous ne l'avons compris qu'à ce moment là. Donc on a continué à essayer de lui expliquer que Anjo, c'est à côté de chez nous, que sinon il fallait aller jusqu'à Nagoya, donc 20 minutes de train, puis reprendre un autre train là-bas pour Okazaki, donc à nouveau 30 minutes...Alors qu'on était à côté !!!

Mais non, rien à faire, et à chaque fois le fameux geste qui tue et qui veut tout dire.

Nous avons tout essayé : dessins pour expliquer, colère, pleurs, courbettes, supplications larmoyantes...Nous avons même hésité à partir en courant avant qu'il ne nous rattrape mais 1) ce cher Monsieur s'était bien sûr dit en nous voyant "Ouh la la il y a des Gaijins (étrangers), ils vont essayer de tricher" et du coup il avait vite fermé le portillon devant nous pour que cette solution ne soit pas possible ; et 2) c'est un coup à se faire expulser du pays pour crime impardonnable !

Donc, devinez quoi, chers amis ?

Et bien oui, les parents ont fait demi-tour et ont repassé le portillon en sens inverse, oui nous sommes remontés sur le quai où nous sommes arrivés, oui nous avons attendu 1/2 heure le prochain Shinkansen pour Nagoya. Et là oui, nous avons pris le dernier train pour Okazaki (un peu plus et on dormait dans la gare !).

Résultat des courses : pas loin d'une heure et demi perdue dans la bataille, mais quand on y repense, on en rigole. Ca fait des souvenirs, et surtout ça sert de leçon :
=> Ne pas descendre avant l'arrêt indiqué sur votre billet de train.
=> Ne pas essayer de négocier quand on voit le signe des bras "Dame desu" !

3 commentaires:

  1. Alors BRAVO !!! Vous avez vraiment fait fort... François et moi, on en rigole encore en vous imaginant partir en courant, avec un petit japonais aux gants blancs vous poursuivant...

    En tout cas merci pour l'info. La règle c'est la règle, et on ne discutera pas.

    Merci pour ce bon moment, on s'y serait cru !!!

    Bises et à +

    Stéphanie

    RépondreSupprimer
  2. Bon d'accord... non c'est non!
    Faudrait peut-être que j'adopte le "dame desu" avec Clément, il comprendrait peut-être mieux que "quand c'est non c'est non"!
    Carotte

    RépondreSupprimer
  3. C'est obligé qu'il comprenne, c'est un langage universel !!! :-) Sinon c'est qu'il fait vraiment exprès ! Clément, c'est pas bien de faire enrager ta maman !!

    RépondreSupprimer

Laissez-nous un petit message, ça fait toujours plaisir !!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...