Au mois de Juillet nous avons assisté à une spécialité bien Japonaise : le tournoi de sumos 相撲 qui a lieu une fois par an à Nagoya.
Outre le baseball et le football, ce sport reste au Japon l'un des sports les plus populaires, et ce depuis bien longtemps puisque les combats sumo sont apparus il y a près de 1 500 ans, sous forme de rituels religieux shinto : des combats sumo ainsi que des danses et du théâtre étaient dédiés aux dieux en même temps que des prières pour obtenir de bonnes récoltes.
Mais que savez-vous du sumo ?
Tout d'abord, Les lutteurs de sumo sont appelés au Japon rikishi 力士« professionnel de la force », voire o-sumō-san お相撲さん « M. Sumo », avec une marque de respect, plutôt que sumotori 相撲取り, appellation utilisée en France, mais peu au Japon, si ce n'est pour les débutants.
Ensuite le sumo professionnel est un sport réservé uniquement aux hommes. Dommage car j'imagine que certains d'entre vous auraient bien aimé voir des femmes se battre entre elles, vêtues de la sorte ;-) (mais moins corpulentes, alors...).
Lors des combats, les sumos ne sont vêtus que du mawashi, une bande de tissu serrée autour de la taille et de l'entrejambe, qui constitue la seule prise solide autorisée pendant le combat. Celle-ci fait réglementairement entre 9 et 14 mètres suivant la corpulence du rikishi.
Ils sont coiffés selon le style chon mage : les cheveux, lissés avec de l'huile, sont maintenus par un chignon. Un rikishi garde ses cheveux longs pendant toute sa carrière active ; son départ à la retraite est marqué par une cérémonie (danpatsu-shiki) au cours de laquelle ce chon mage est coupé.
Il n'y a pas de catégories de poids, qui peut aller de 70 à 280 kg. Cependant, les rikishi des meilleures divisions pèsent en moyenne environ 150 kg, poids semblant le plus à même d'assurer à la fois stabilité et souplesse. En effet, les meilleurs rikishi ne sont pas les plus gros : nous avons vu des "petits" d'environ 70 kg mettre à plat des énooormes qui avaient l'air de faire le double de leur poids !!
La vie quotidienne du rikishi est très réglementée : réveil à 5 heures du matin, entraînement, repas de midi à base de chanko nabe, (sorte de ragoût de viandes, de légumes, de féculents liés par une sauce onctueuse et contenant ainsi un taux très élevé de protéines), l’un vers midi, l’autre vers vingt heures. Puis le sumo dort immédiatement après les repas pour que la sieste permette plus facilement l’accumulation des graisses. En général, le sumo engloutit entre 8000 et 10 000 calories par jour !
La vie entière d’un lutteur de sumo est régie par des codes rigoureux et une hiérarchie bien définie qui en font des héros adulés et convoités.
A noter que nous avons été surpris de voir qu'il n'y avait pas que des Japonais qui étaient sumos : en effet, le grand champion est Mongol, mais il y a aussi un Bulgare et un autre Occidental...vous imaginez ce que ça peut donner ! Ils ont vraiment craqué, eux, en tous cas ! Et vous imaginez les parents qui disent "Ah, ben mon fils, moi il est sumo au Japon !" LOOOL !!!
Comment se passe le match ?
Tout d'abord il faut savoir que chaque tournoi dure 2 semaines, pendant lesquelles tout le Japon est scotché devant sa télé pour suivre les matchs ! Il y a 6 tournois principaux par an au Japon : 3 à Tokyo, 1 à Osaka, 1 à Fukuoka et celui de Nagoya qui a lieu tous les ans en Juillet. Durant ce tournoi, tous les sumos vont s'affronter successivement, et c'est celui qui gagne le plus de combats qui gagne le tournoi.
Pour acheter les places, c'est déjà une épreuve : il faut bien noter la date de l'ouverture des guichets (2 mois avant, en gros) et acheter les billets le matin même, car en 2h ils sont tous partis ! Pourtant, on pourrait penser que cela n'est pas si "populaire", vu le prix des billets : 50 Eur les moins chers, mais jusqu'à 500 Eur pour les meilleures places, qui se trouvent tout devant, le but du jeu étant de si possible se recevoir un sumo dessus !!
Les matchs durent toute la journée, de 8h du matin à 18h. En fait, quand on va voir les sumos, c'est pour la journée, et on mange sur place car il y a des petits stands de boissons et de nourriture ou bien des "ouvreuses" comme au cinéma qui crient "ô-bento, yakitori, tako-yaki, ikaga desu ka?" (=qui veut des bentos, des yakitoris ou des beignets de poulpe?). Ambiance typique !
La zone de combat est délimitée par un cercle de 4,55 mètres de diamètre, le dohyō :
Avant l'affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut : il s'agit du shiko.
En signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lancent sur le dohyō : on parle alors de kiyome no shio.
Il y a également le rituel de « l'eau de force » que le rikishi boit puis recrache. Ce sont les trois gestes rituels les plus importants avant le début du combat proprement dit.
Le combat débute au signal du gyōji, l'arbitre, qui présente alors son éventail. Après une phase d'observation, et parfois d'intimidation, les lutteurs doivent toucher le sol avec leurs deux mains pour accepter le combat.
La confrontation physique peut alors commencer. Les deux protagonistes s'élancent l'un vers l'autre, le but étant d'éjecter l'adversaire hors du cercle de combat ou de lui faire toucher le sol par une autre partie du corps que la plante des pieds. Les combattants peuvent utiliser les prises parmi les 82 autorisées. Ces prises gagnantes sont appelées kimarite et le combat va très vite, cela ne dure parfois que quelques secondes, c'est-à-dire moins que tout le cérémonial de début !!
Entre chaque combat, il y a un spot publicitaire très particulier. Nous avons mis du temps à comprendre qu'il s'agissait de la pub, en fait !!
Pas possible de zapper, malheureusement !
Mais nous sommes ressortis très contents de cette journée, car c'est une expérience inoubliable ! Nous avons pu vivre quelque chose de vraiment typique, profondément ancré dans la culture Japonaise, et nous avons vraiment vibré avec le public !
Et pour ceux que cela intéresse voici une petite vidéo pas mal faite :




Merci pour toutes ces explications vraiment très intéressantes. Un vrai régal !!
RépondreSupprimerBises
Bib
La pub, c'est nouveau. Il y a une dizaine d'années,les Big Mac étaient DANS le ventre des sumotori et non sur la piste de danse. Le monde fout le camp, ma brave dame ;=(
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